Denis Rivière, peintre

Octobre

Parfois, je sens la lassitude me gagner. Je dois tenir la route, me dis-je, alors je reprends mon bâton de pastel et continue le chemin que je me suis tracé. C’est formidable d’être peintre car la magie opère toujours. Il suffit de pouvoir barbouiller pour se laisser envahir par des ondes de plaisir. Le Monde n’existe plus, je suis le monde. Le temps s’arrête et je suis à l’écoute de mes pulsions. Je respire par les yeux et ma main (gauche) qui court sur le papier, a pris la place des battements du cœur. L’hiver est de retour. Avec lui son armée de grisaille, de pluie et de froidure. Par peur des représailles, le jour n’ose plus se lever. L’uniforme bleu du ciel de ces derniers jours se tache d’un gris qui souille la lumière.

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